HISTOIRE DE LA BIBLE EN BRETON

ISTOR AR BIBL E BREZHONEG

 

HISTOIRE SYNTHÉTIQUE DES TRADUCTIONS DE LA BIBLE EN BRETON

– 1827: Publication de la traduction du Nouveau Testament de Jean-François Le Gonidec, à la demande des pasteurs gallois Thomas Price et David Jones, au nom de la « Société Biblique Britannique et Etrangère ». Le Gonidec est surtout un grammairien de haut niveau, sa traduction utilise un vocabulaire savant, peu accessible à beaucoup de bretonnants. Sa traduction complète de la Bible est publiée en 1866, bien après sa mort.

– 1847-1870: La traduction du Nouveau Testament du pasteur gallois John Jenkins est éditée cinq fois. Aidé par Guillaume Ricou (grand-père de Le Coat), et soutenu par la « Société Biblique Britannique et Etrangère », John Jenkins offre une traduction moins difficile que celle de Le Gonidec, dans laquelle quelques expressions sont influencées par la langue galloise.

– 1883-1897: La traduction de la Bible par Guillaume Le Coat (éditions du N.T. en 1883 et 1893, et de la Bible complète en 1897) apporte une version des Ecritures Saintes de grande qualité. Pasteur de la « Mission Evangélique de Trémel », Guillaume Le Coat, entreprend sa propre traduction, aidé par la « Société Biblique Trinitaire » de Londres et au nom de l' »Unvaniez Drinderian ar Bibl evit ar Vretouned ». Cette traduction présente un juste équilibre entre une langue populaire empreinte de français et une langue savante. Elle est teintée de dialecte trégorrois, mais propose en annotations des variantes de vocabulaire pour les autres dialectes et en particulier pour le vannetais, chaque fois que des mots spécifiques au Trégor sont utilisés.

– 1885-1935: La traduction du Nouveau Testament de Alfred-Llewelyn Jenkins (fils de John Jenkins) est éditée cinq fois. A-L. Jenkins maîtrise mieux que son père la langue bretonne, et publie une traduction en langue très simple, accessible à tous les bretonnants, teintée plutôt de léonard, et, à l’opposé de la traduction de Le Gonidec, truffée de mots français. Toute personne qui connaît un peu le breton peut la lire.

– 1953-1981: Publication par portions de la traduction d’une partie de la Bible par Maodez Glanndour (l’Ecclésiaste en 1953, Habakuk, Abdias, Joël et Jonas en 1955, le Cantique des cantiques en 1965 puis re-publié dans « Al Liamm » n°299 en 1996, les Evangiles en 1969 et re-publié en 1982, le reste du N.T. en 1971, les Psaumes en 1974, Esaïe en 1981). Le style de Maodez Glanndour est assez accessible.

– 1981-1986: Publication de la traduction de l’Ancien Testament de Pêr Ar Gall et Job Lec’hvien (utilisant un vocabulaire assez recherché, pas toujours usuel).

– 1982: Publication de la traduction des Evangiles par la « Kenvreuriez ar brezoneg », dans une langue assez simple plutôt teintée des variantes léonarde et cornouaillaise.

– 1985: Publication d’une traduction des Psaumes, très paraphrasée, de J. Kergrist. Les Psaumes sont mis en rimes, ce qui est un chef-d’œuvre littéraire, mais le sens du texte est evidemment adapté.

– 2002: Publication de la traduction du Nouveau Testament de Pierre Guichou, très belle édition, plutôt destinée aux brittophones finistériens.

– 2004: Publication d’une révision de la traduction du Nouveau Testament de Guillaume Le Coat de 1893 par Luc Bernicot, au nom de la « Société Biblique d’Anjou ». Le texte est modernisé, avec quelques recours à la traduction d’Alfred-Llewelyn Jenkins (ré-édition de 1935) et transposé en breton unifié.

– 2011: Mise en ligne sur internet de la révision de 2004 du Nouveau Testament de G. Le Coat, avec quelques légères améliorations. Egalement, mise en ligne progressive de la révision de l’Ancien Testament de G. Le Coat (à partir de l’édition de 1897).

– 2012: Projet d’édition d’une Bible catholique complète par l’association « Emglev an Tiegezhioù ». Cette traduction doit être conforme à la ‘Nova Vulgata’ latine.

ISTOR BERR TROIDIGEZHIOÙ AR BIBL E BREZHONEG

– 1827: Embannadur troidigezh an Testamant Nevez eus Yann-Frañsez Ar Gonideg, goulennet digant ar bastored kembreat Thomas Price ha David Jones, en anv eus « Unvaniezh ar Bibl evit Breizh-Veur hag an Estren ». Ar Gonideg a zo dreist-holl ur yezhadurour dispar, a ra gant gerioù keltiek digemmesk, un tamm diaes a-wechoù evit meur a vrezhoneger. E droidigezh eus ar Bibl en e bezh a zo embannet e 1866, pell-bras goude e varv.

– 1847-1870: Troidigezh an Testamant Nevez eus ar pastor kembreat John Jenkins a zo embannet pemp gwech. Sikouret eo gant Gwilherm Rikoù (tad-kozh Ar C’hoad), hag harpet gant « Unvaniezh ar Bibl evit Breizh-Veur hag an Estren ». John Jenkins a ro deomp un droidigezh aesoc’h eget hini Ar Gonideg; kavet eo enni koulskoude troioù-lavar levezonet gant ar c’hembraeg.

– 1883-1897: Troidigezh ar Bibl gant Gwilh Ar C’hoad (embannadur an T.N. e 1883 ha 1893, hag embannadur ar Bibl en e bezh e 1897); reiñ a ra d’ar vrezhonegerien un destenn eus ar Skriturioù Santel a live uhel. Gwilh ar C’hoad a zo pastor « Mision Avielek Tremael » (Bro-Dreger) pa en em stag da dreiñ ar Bibl, harpet gant « Unvaniezh Dreindedat ar Bibl » eus Londrez, hag en anv eus « Unvaniez Drinderian ar Bibl evit ar Vretouned ». An droidigezh-mañ a zo kempouezet mat etre ur yezh re boblek gant gerioù gallek e-leizh hag ur yezh re ouiziek. Levezonet eo gant rannyezh Bro-Dreger, met, bep gwech ma’z eo graet gant gerioù re dregeriek, e kaver en notennoù fonnus eilstummoù er rannyezhoù all, dreist-holl e gwenedeg.

– 1885-1935: Troidigezh an Testamant Nevez eus Alfred-Llewelyn Jenkins (mab John Jenkins) a zo embannet pemp gwech. Barrekoc’h eget e dad eo A-L. Jenkins war ar brezhoneg. Embann a ra un droidigezh aes-tre da lenn, a c’hell bezañ komprenet gant an holl vrezhonegerien, levezonet kentoc’h gant rannyezh Bro-Leon, ha leun a c’herioù gallek, er c’hontrol da droidigezh Ar Gonideg.

– 1953-1981: Maodez Glanndour a embann tamm-ha-tamm an droidigezh eus meur a hini eus levrioù ar Bibl (ar Prezeger e 1953, Habakuk, Abdia, Joel ha Jona e 1955, Kanenn ar c’hanennoù e 1965 adembannet en « Al Liamm » niv. 299 e 1996, an Avieloù e 1969 adembannet e 1982, peurrest an Testamant Nevez e 1971, ar Salmoù e 1974, Izaia e 1981). Doare-skrivañ Maodez Glanndour a zo aes a-walc’h.

– 1981-1986: Embannadur troidigezh an Testamant Kozh eus Pêr Ar Gall ha Job Lec’hvien (oc’h ober gant ur c’heriaoueg ampl, met n’eo ket atav a implij pemdeziek).

– 1982: Embannadur troidigezh an Avieloù gant « Kenvreuriez ar brezoneg »; ar yezh a zo aes a-walc’h, kentoc’h livet gant rannyezhoù Bro-Leon ha Bro-Gernev.

– 1985: Embannet eo un droidigezh dibar eus ar Salmoù gant J. Kergrist. Aozet mat, an destenn a zo stummet evit bezañ lakaet e rimoù. Ur bennoberenn lenegel eo, met ster an destenn a zo ‘aozet’ evel-just evit seveniñ ar barzhoneg.

– 2002: Embannadur troidigezh an Testamant Nevez eus Pêr Guichou, ul levr fichet brav, gant un destenn o klotañ kentoc’h gant brezhonegerien Penn-ar-Bed.

– 2004: Embannadur adweladenn troidigezh an Testamant Nevez eus Gwilh Ar C’hoad (1893) gant Lukaz Bernikod, en anv eus « Unvaniezh ar Bibl en Anjev ». An destenn a zo nevesaet, a-wechoù gant sikour troidigezh Alfred-Llewelyn Jenkins (adembannadur 1935), ha lakaet e brezhoneg peurunvan a-vremañ.

– 2011: Lakaet eo en linenn, war ar genrouedad, adweladenn 2004 Testamant Nevez Gw. Ar C’hoad, gant gwellaennoù skañv. A-hend-all, eo lakaet en linenn tamm-ha-tamm adweladenn Testamant Kozh Gw. Ar C’hoad (diouzh embannadur 1897).

– 2012: Raktres ar gevredigezh « Emglev an Tiegezhioù »: embann ur Bibl katolik klok. Ret eo d’an droidigezh klotañ gant testenn latin an ‘Nova Vulgata’.

hermines

 

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NOUVEAU TESTAMENT EN BRETON

TESTAMANT NEVEZ E BREZHONEG

 

Bienvenue à tous.

Ce site présente la traduction en breton du Nouveau Testament (2ème partie de la Bible), publiée par la Société Biblique d’Anjou, sous le nom Testamant Nevez Koad 21.

L’objectif de l’édition Koad 21 est de mettre à la disposition de l’ensemble des lecteurs brittophones du 21ème siècle une traduction en langue bretonne moderne du Nouveau Testament. Cette traduction est à la fois rigoureuse par rapport au texte grec d’origine et accessible à tous par son style. En fait il ne s’agit pas d’une traduction nouvelle, mais de la révision d’une ancienne traduction, celle de Guillaume Le Coat, éditée en 1893.
Cette révision porte sur cinq points:
– Moderniser les expressions un peu anciennes.
– Transposer en breton unifié les mots ou les tournures qui ne sont pas utilisés en dehors du Trégor.
– Remplacer quelques mots directement issus du français par un vocabulaire plus conforme au lexique breton.
– Concernant les mots importants, essayer, quand cela est possible, de conserver le même mot breton lorsque le texte d’origine utilise le même mot grec.
– Transposer le texte dans la graphie unifiée actuelle.


Vous pouvez acheter le Nouveau Testament en breton « Testamant Nevez Koad 21 » au prix de: 7 Euros + frais de port et d’emballage.

Vous êtes intéressés? C’est très simple, écrivez-nous, en précisant votre département ou votre pays de résidence pour l’étranger, nous vous indiquerons le prix exact par e-mail.


Quelques informations complémentaires

La révision a donc consisté à moderniser le texte, à le transposer dans les règles de la graphie actuelle du breton unifié (brezhoneg peurunvan), à remplacer les mots trop spécifiques à la langue du Trégor utilisée par Monsieur Le Coat par des mots plus communs, à « bretonniser » quelques mots du texte directement issus du français, mais seulement lorsqu’il existe un mot éthymologiquement plus celtique et qui nous a semblé usuel et compréhensible par l’ensemble des bretonnants. Nous avons eu le souci de permettre à cette traduction d’être lue par la totalité des bretonnants (ou brittophones). Nous avons recherché ainsi un bon équilibre entre la langue parlée, souvent influencée par le français, et la langue enseignée, généralement dotée d’un vocabulaire plus authentique.

Il existe deux grandes catégories de traductions de la Bible dans une langue vivante:
– les versions à correspondance formelle, ou traductions littérales
– les versions à équivalence dynamique.

Les premières privilégient le respect du sens précis des mots et de la structure des phrases dans la langue d’origine, ainsi que la rigueur de la transposition des idées, au détriment de l’élégance de style. Les deuxièmes privilégient une expression plus coulante et plus agréable dans la langue de rédaction, en cherchant plutôt la fidélité dans l’impression produite chez le lecteur, compte tenu de sa culture, ceci au détriment de la rigueur de la traduction et quitte parfois à laisser place à l’interprétation.

La traduction de Guillaume Le Coat se range clairement dans la catégorie des traductions à correspondance formelle. C’est donc une traduction rigoureuse, dans laquelle l’effet de style n’est pas recherché, les phrases sont simples, souvent structurées autant que possible à l’imitation de la phrase grecque d’origine.
Vous trouverez des informations sur l’histoire des traductions de la Bible en français et en breton ici.

Il est de tradition de donner un nom aux traductions de la Bible. C’est ainsi que nous avons, pour ne citer que quelques exemples:
– en français: la « Louis Segond 1910 », la « Bible de Jérusalem », la « Nouvelle Edition de Genève », la « Bible du Semeur », la « Nouvelle Segond 21 », « l’Anjou 2016 »
– en anglais: la « King James Version », la « New International Bible », la « New American Standard Bible », la « World English Bible »
– en gallois: la « Beibl Cymraeg Newydd »
– en allemand: la « Luther 1984 »
– en hollandais: la « Statenvertaling »
– en italien: la « Nuova Diodati »
– en latin: la « Vulgata »,

En breton nous avons, la « Koad 21 ».

Nous avons donné à cette traduction le nom de KOAD 21 (KOAD UNAN WARN-UGENT, en breton), pour 3 raisons:
– Il s’agit de la révision de la traduction de Monsieur Le Coat, soit an Aotrou Koad en breton.
– Le mot « Koad » signifie « Bois » (Le nom breton « Le Coat » correspond au nom français « Dubois »); garder ce nom évoque le bois de la croix, sur lequel Jésus a acquis pour nous le pardon et la rédemption.
– 21, puisque cette traduction est destinée aux bretonnants du 21ème siècle. Nous laisserons à d’autres le soin de préparer la révision pour le 22ème siècle.


Quelques mots sur Guillaume Le Coat

Le Pasteur Guillaume Le Coat (1845-1914) a servi Dieu durant toute sa vie, prêchant sans discontinuer la bonne nouvelle du Salut en Jésus-Christ. Il aimait l’Ecriture Sainte, ce qui était un peu un héritage familial: déjà, 45 ans auparavant, son grand-père, Guillaume Ricou, avait aidé le gallois John Jenkins dans une traduction précédente de la Bible en breton; sa mère, Marie Ricou-Le Coat, s’était mise au service de l’Evangile en tant qu’institutrice d’une école chrétienne itinérante. Guillaume Le Coat eut à cœur de traduire la Bible dans la langue bretonne utilisée à la fin du 19ème siècle, avec une influence trégoroise conforme à ses origines. Il traduisit d’abord le Nouveau Testament (édité en 1883 et 1893), puis la Bible toute entière (éditée en 1897). Il était basé sur la commune de Trémel, au cœur du Trégor, dans les Côtes-d’Armor près de la limite avec le Finistère.

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